2011 - Andrew J. Weaver, MSRC
Andrew Weaver is Canada's best-known climate-change scientist. He is recognized internationally as a leader in climate modeling and analysis and, in particular, a foremost expert on the role of the ocean in climate variability and change. His exceptional research achievements, scholarly writings, and resolute efforts to share his knowledge on climate change have been critically influential the world over. An exceptionally productive researcher, Weaver has transcended disciplinary boundaries, authoring or co-authoring almost 200 peer-reviewed papers in a number of disciplines including climate, meteorology, oceanography, earth science, mathematics, policy, education, and anthropology.
Andrew Weaver is a leader in the development and application of intermediate complexity Earth System models and contributed to building the ocean component of the first generation of the CCCma climate model. With assistance from the Killam Fellowship program and NSERC Steacie Fellowship program, Professor Weaver and his group developed an Earth System Climate Model (ESCM) of intermediate complexity (referred to internationally as the UVic climate model) to explore climate feedbacks within the climate system. He is one of the first climate scientists to engage in quantitative paleoclimate modeling. His recent research in this area has contributed significantly to our understanding of the fundamental mechanisms of climate change and variability over the last 130,000 years of Earth history. Weaver also has recently become interested in how climate has affected human dispersal over this period, and together with his students/postdoctoral fellows, he has published or submitted eight manuscripts in this emerging field.
2010 – Donald Mackay
Donald Mackay est un pionnier dans l’étude du cheminement des produits chimiques dans l’environnement, qui comprend la bioaccumulation et la migration à l’échelle mondiale jusqu’à des régions éloignées comme le cercle arctique. Ses modèles de simulation quantitative, qui emploient le concept thermodynamique de la fugacité, connus sous le nom « modèles de Mackay », sont utilisés partout dans le monde pour évaluer et réguler l’exposition aux produits chimiques et les risques d’effets toxiques sur l’Homme et l’écosystème.
2009 – Stan Boutin, MSRC
Chercheur depuis 30 ans, Stan Boutin s’attache à expliquer les mécanismes par lesquels les organismes boréaux s’adaptent aux changements environnementaux et recueille les données propices aux décisions écologiques les plus avisées en matière d’utilisation des terres.
2008 – Warwick F. Vincent
Warwick Vincent a grandement contribué à la recherche sur la structure et le fonctionnement des écosystèmes aquatiques ainsi que sur leur sensibilité aux changements comme l’eutrophisation, l’augmentation du rayonnement ultraviolet et le réchauffement planétaire. M. Vincent s’est surtout distingué par ses recherches environnementales dans l’Antarctique et l’Arctique. Il a gagné plusieurs prix pour ses recherches environnementales, ses activités de diffusion et son enseignement.
2007 - Christopher M. Wood
Dr. Wood is an outstanding scientist who has made substantial contributions to the proper stewardship of our environment. His recent work on the role of natural organic matter in predicting toxicity of metals will have far reaching effects on the regulatory industry. His work has advanced the understanding of impacts of acidic deposition, metal pollution, alkalinization, climate change, and dissolved organic matter on aquatic organisms, as well as their mechanisms of adaptation to extreme environments.
2005 - Robie Macdonald, MSRC
Chercheur scientifique à l’Institut des sciences de la mer, Robie Macdonald, MSRC, est réputé dans le monde entier pour ses travaux sur les voies des contaminants dans les systèmes environnementaux. Ses recherches portent notamment sur le rôle de l’océan dans le transport des contaminants dans les régions arctiques, les interactions des bassins hydrologiques et des glaces de l’Arctique et les cycles du carbone organique. Ses données chronologiques sur la mer de Beaufort révèlent que la dessalure récente des eaux de surface du bassin Canada est causée en grande partie par le détournement des voies de ruissellement. Tout en permettant de mieux connaître les contaminants des systèmes aquatiques, ces études ont également attiré l’attention vers les systèmes biogéochimiques où pénètrent les contaminants. M. Macdonald a étudié tous les contaminants importants qu’on soupçonne de perturber le développement des organismes aquatiques. Il est reconnu sur la scène internationale comme étant le plus grand expert canadien du comportement des contaminants en milieu marin. Outre les contaminants, M. Macdonald s’est intéressé au bilan d’eau douce et aux cycles du carbone dans l’Arctique, champs d’étude déterminants pour notre compréhension des sources et des puits de gaz à effet de serre. En 2000, il a reçu le Prix du président de la Société canadienne de météorologie et d’océanographie pour avoir dirigé la synthèse des études sur les contaminants de l’Arctique canadien. Il est également co-lauréat du Prix du Chef de la fonction publique 2002 dans la catégorie Excellence en politiques.
2004 - Derek C.G. Muir, MSRC
Derek Muir, MSRC, est chef de projet à la Direction de la recherche sur la protection des écosystèmes aquatiques de l’Institut national de recherche sur les eaux, à Burlington, en Ontario. Il dirige le principal programme canadien de chimie environnementale qui étudie les sources, le devenir et la bioaccumulation de contaminants organiques persistants et de métaux-trace dans les environnements aquatiques et terrestres partout au Canada. Ses travaux ont permis la détection de polluants organiques persistants (POP) dans l’environnement et la compréhension de leur mouvement global dans l’atmosphère et la bioaccumulation en haute altitude et dans les écosystèmes de haute altitude ainsi que dans les Grands Lacs. Il fut un des premiers à découvrir que les concentrations de POP et de métaux-trace dans les poissons piscivores et les mammifères marins des régions éloignées du Canada sont suffisamment élevées pour constituer des risques potentiels pour la santé humaine. Les travaux de Muir sur la biochimie des pesticides et les BPC ont fourni une preuve importante qui a contribué à la signature récemment du traité international visant à réduire l’utilisation des produits chimiques aéroportés persistants dans la région circumpolaire. Dernièrement, Derek Muir a entrepris des travaux pionniers ayant trait à la détection et à la biogéochimie de nouveaux produits chimiques organiques, dont les tensioactifs fluorés, les éthers diphényliques polybromés et les choloroalcanes. Ses études sont grandement utilisées dans les évaluations de la persistance, la bioaccumulation et les effets potentiels sur la santé des produits chimiques organiques et des métaux-trace toxiques. Il est un des 10 auteurs les plus primés du monde dans les domaines de l’écologie et l’environnement de la période 1992-2002.
2003 - Peter J. Dillon, MSRC
Le prof. Peter J. Dillon, MSRC, qui travaille depuis plus de 25 dans le domaine de la géochimie, est un chercheur de réputation internationale dans les sciences de l'environnement. Il est actuellement le directeur du Centre pour la qualité de l'eau de la Trent University, où il occupe également une chaire de recherche industrielle du CRSNG en biochimie des bassins hydrographiques. Il a souvent été, au Canada comme dans le monde entier, à l'origine de l'explication des effets de l'activité humaine sur les ressources aquatiques (p. ex. l'acidification, l'eutrophisation et les contaminants) et des effets relatifs des facteurs naturels (variabilité climatique), ainsi que du rôle que jouent les bassins hydrographiques dans les écosystèmes aquatiques. L'une de ses plus importantes réalisations a été l'implantation de programmes de surveillance à long terme, qui ont produit l'une des plus longues séries de relevés de très grande précision de toute l'Amérique du Nord. Il a dirigé, après en avoir proposé la création, le Centre de recherche de Dorset, qui est désormais reconnu comme l'un des plus importants centres de recherche sur l'eau douce du monde entier et dont les travaux ont amélioré de façon considérable notre compréhension de l'eutrophisation, des pluies acides et des changements climatiques, de la pollution par les métaux et de bien d'autres facteurs de stress pour l'environnement. Les résultats de ses travaux sont utilisés avec ingéniosité pour expliciter les facteurs favorables à une bonne qualité de l'eau et à l'intégrité écologique de nos ressources aquatiques. Ses travaux de recherche ont systématiquement entraîné une amélioration notable de la gestion et de la protection de nos lacs et autres écosystèmes.
2002 - Kevin J. Kennedy
Kevin J. Kennedy est professeur titulaire aux Départements de génie chimique et de génie civil de l'Université d'Ottawa. C'est un chercheur de renommée mondiale dans le domaine des systèmes de traitement biologique des déchets, et plus particulièrement les phénomènes de digestion anaérobie à haute vitesse. Grâce à ses études supérieures dans différentes disciplines, sanctionnées notamment par des diplômes en sciences et en génie, Kevin Kennedy a su, dans ses travaux de recherche, faire œuvre innovatrice et franchir les frontières entre les disciplines. Ses recherches fondamentales et appliquées dans des domaines variés, ressortissant à la fois de la science et de la technologie du traitement des déchets, ont servi de modèle. Le traitement anaérobie, quoique couramment utilisé dans l'industrie, était principalement fondé sur des expériences empiriques et des techniques simples. Les travaux de recherche et les essais en laboratoire conduits par Kevin Kennedy dans des domaines comme la modélisation du mucilage, la modélisation du réacteur à couche fixe, le développement et l'utilisation des réacteurs anaérobies à couche fixe à flux descendant et des réacteurs anaérobies hybrides, de même que l'utilisation et la modélisation de réacteurs anaérobies à cuvées séquentielles, ont jeté un éclairage scientifique nouveau sur cette technologie et ont permis non seulement de mieux comprendre un grand nombre des interactions biologiques sous-tendant le phénomène, mais également d'améliorer la conception et le contrôle de l'utilisation des systèmes anaérobies. Plus récemment, Kevin Kennedy a porté son attention sur ce qu'il advient des composés phénoliques chlorés lors du traitement des déchets et sur l'utilisation des enzymes peroxydasiques du soja dans le traitement des eaux phréatiques contaminées par des hydrocarbures aromatiques halogénés.
Les résultats de ses travaux de recherche ont fait l'objet de près de quatre-vingt communications scientifiques, de cinq chapitres d'ouvrages publiés ainsi que de nombreux rapports issus de l'industrie, exposés et actes de conférences. Les projets de recherche conduits par Kevin Kennedy et ses étudiants ont été couronnés par de nombreux prix canadiens et étrangers.
2001 - John P. Smol, MSRC
John P. Smol, MSRC, est professeur au Département de biologie détaché à l'École des études environnementales de l'Université Queen's, où il occupe actuellement la chaire canadienne de recherche sur les changements environnementaux. Il a consacré toute sa carrière à l'étude des problèmes environnementaux sous l'angle particulier de l'exploitation des données à long terme. Ainsi, ses travaux ont-ils été extrêmement prégnants dans le débat sur les précipitations acides, et ses protocoles paléoenvironnementaux ont été rapidement intégrés à d'autres études sur les changements environnementaux planétaires comme les changements climatiques, la biodiversité, les pêches et la gestion des lacs. Il a été le fondateur du Laboratoire de recherche et d'évaluation de l'environnement paléoécologique, un groupe d'une trentaine de scientifique qui se consacrent à l'étude des changements environnementaux à partir essentiellement des sédiments des lacs et des cours d'eau (le plus important groupe de paléolimnologues du monde entier) dont il assure la direction. Smol compte à son actif plus de 230 publications et il met la dernière touche à son treizième livre, tous ces écrits étant consacrés à des questions d'environnement. Il a signé plus de 400 communications, qui lui ont souvent été demandées pour des conférences savantes ou pour des exposés thématiques. Il est par ailleurs le rédacteur fondateur du Journal of Paleolimnology, et il est toujours co-rédacteur en chef de cette revue internationale, qui a déjà publié vingt-cinq numéros. Il siège au comité de rédaction de plusieurs autres revues savantes, et il est co-rédacteur en chef d'une nouvelle série d'ouvrages sur les changements environnementaux. Depuis une dizaine d'années, il a reçu dix-huit médailles, bourses et prix pour ses activités en faveur de l'environnement, sans parler de plusieurs distinctions en récompense de la qualité de son enseignement.
2000 - David R. S. Lean
David R. S. Lean est l'un des scientifiques canadiens les plus éminents dans le domaine de l'eau douce. Avant d'assumer ses fonctions actuelles de titulaire de la chaire industrielle-CRSNG en écotoxicologie au Département de biologie à l'Université d'Ottawa, il a travaillé pendant vingt-quatre ans comme scientifique et directeur de projet à l'Institut national de recherche sur les eaux d'Environnement Canada à Burlington (Ontario). Il a publié 134 communications scientifiques revues par un comité de lecture, vingt-quatre chapitres d'ouvrages et treize communications de conférences. En 1993, il a reçu le prix d'excellence Chandler-Misener avec deux de ses co-enquêteurs pour des travaux de recherche sur les Grands Lacs; il a aussi reçu le prix Frank Rigler pour des travaux de recherche exceptionnels sur l'eau douce. Les premiers travaux de David Lean sur la dynamique du cycle du phosphore sont souvent cités. Sa communication « Phosphorus dynamics in lake water », qui a été publiée dans Science en 1973, fait toujours autorité. Plus récemment, ses travaux sur les effets physiques, chimiques et biologiques des rayonnements ultraviolets sur les systèmes aquatiques marins et en eau douce ont débouché sur plusieurs découvertes importantes. Il a ainsi démontré avec ses associés que les composés organiques colorés dissous sont les principaux atténuateurs du rayonnement ultraviolet dans la plupart des lacs et qu'outre les dommages biologiques directs causés par l'exposition aux rayons ultraviolets, l'interaction entre les ultraviolets et les composés organiques dissous pouvait produire du peroxyde d'hydrogène, du monoxyde de carbone, des superoxydes et d'autres réactifs chimiques toxiques pour les organismes aquatiques. Ses recherches actuelles portent sur le rôle des ultraviolets sur le sort du mercure et des polluants organiques tenaces.
1999 - Howard Roy Krouse, MSRC (comédaillée)
Howard Roy Krouse, du Département de physique et d'astronomie de University of Calgary, participe depuis une trentaine d'années à de multiples études environnementales basées sur le fractionnement d'isotopes stables qui ont pour but de démontrer comment les abondances d'isotopes ont pu être quantifiées par des moyens physiques, chimiques et biologiques. Ses travaux ont permis de faire mieux comprendre les phénomènes environnementaux grâce à l'étude des isotopes de l'oxygène, du carbone, du soufre et de l'azote dans les systèmes biologiques, géologiques et hydrologiques. Krouse a utilisé les techniques de marquage et de traçage par isotopes pour expliquer les problèmes de gestion des déchets et proposer des stratégies de gestion à long terme. Parmi ses nombreux travaux de recherche en environnement, les plus connus sont ses études approfondies du cycle du soufre dans l'environnement. Les recherches conduites au Canada ont attiré l'attention sur l'étude des isotopes du soufre en général. Les études environnementales effectuées par Krouse ont notamment porté sur les humains envoyés dans l'espace, ainsi que sur les plantes et les animaux associés au sol, à l'océan et à l'atmosphère. Monsieur Krouse a été invité à faire profiter de ses compétences et connaissances de nombreuses institutions dans le monde entier, ainsi que le Programme des Nations Unies pour l'environnement. Son enthousiasme et son vaste savoir ont prouvé que les systèmes isotopiques stables pouvaient nous fournir des informations essentielles à une meilleure compréhension de notre environnement, voire de l'univers tout entier.
1999 - Jerome O. Nriagu, MSRC (comédaillée)
Jerome O. Nriagu, du Département de la santé environnementale et industrielle de l'Université du Michigan, fait autorité dans le monde entier pour ses travaux sur le transport dans l'atmosphère, les cycles biogéochimiques et l'incidence sur la santé des métaux à l'état de trace. Il a publié plus de 150 articles souvent cités (dont une douzaine dans Nature et Science) et a édité plus de vingt-cinq ouvrages réunissant des informations jusque-là dispersées. Après avoir fait une carrière aussi féconde que brillante à l'Institut national de recherche sur l'eau d'Environnement Canada à Burlington (Ontario), il a assumé un rôle de chef de file en tant que directeur du Programme des sciences de la santé environnementale à l'Université du Michigan. Il avait commencé une carrière classique de géochimiste en publiant des communications sur la chimie des sédiments lacustres, en traitant en particulier du soufre, du fer et du phosphore, mais il allait très vite s'intéresser à la chimie des précipitations, et notamment aux isotopes du soufre. En 1979, il lança une longue série de communications sur les émissions anthropogènes de métaux à l'état de trace dans l'atmosphère, et il commença à s'intéresser plus particulièrement aux effets des métaux à l'état de trace sur la santé en publiant en 1983 une communication sur la goutte provoquée par le saturnisme chez les aristocrates de la Rome antique. Nriagu s'est signalé par le nombre impressionnant d'éléments polluants à l'état de trace qu'il a étudiés, depuis l'arsenic jusqu'au zinc.
1998 - Thomas C. Hutchinson, MSRC
Attaché au Département de biologie de Trent University, Thomas C. Hutchinson est l'un des plus importants écologistes du Canada et a acquis une renommée internationale hors-pair pour ses travaux de recherche sur les effets de la pollution engendrée par les fonderies de Sudbury sur les écosystèmes terrestres et aquatiques. Ses études ont été très variées et ont porté sur la toxicité du dioxyde de soufre, de l'acide sulfurique et des métaux à l'état de trace pour différents organismes allant des microbes et des algues aux cultures, aux arbres des forêts, ainsi qu'aux insectes, aux poissons et aux oiseaux. Il a également analysé le cycle des substances nutritives en situations de stress et l'adaptation des organismes au stress, et notamment l'évolution de la tolérance aux métaux. Monsieur Hutchinson a en outre étudié le dépérissement des érables à sucre, les réactions des écosystèmes septentrionaux aux déversements d'hydrocarbures et la toxicité de certains hydrocarbures pétroliers. Ses recherches, conduites depuis l'Arctique jusqu'aux tropiques, visent à découvrir des éléments communs aux réactions des écosystèmes aux différents stress anthropogènes et naturels et à en relever les synergies et les antagonismes.
1997 - Michel Maldague
Michel Maldague, de l'Université Laval, est très connu pour ses multiples travaux dans le domaine de la zoologie appliquée et, en particulier, pour :
· ses études sur les mécanismes qui sont à la base de la fertilité des sols forestiers équatoriaux, en particulier le rôle des termites dans la pluviisylve sempervirente,
· ses travaux sur les fonctions des lombricides dans le processus de dégradation des litières et la constitution d'un humus zoogène,
· l'utilisation des lombrics comme indicateurs de la pollution des sols ou de la qualité des composts,
· la mise au point d'une méthode écologique (non destructive et non polluante) permettant d'éviter la présence des vers de terre à proximité des aéroports (solution au problème des oiseaux à proximité des aéroports),
· la mise au point d'une méthode originale et invention d'un dispositif permettant d'abaisser le niveau d'eau des étangs de castors,
· l'invention d'une méthode et la mise au point d'un appareil semi-automatique pour le dénombrement des populations des termitières,
· la mise au point d'un nouvel indicateur de l'activité biotique des sols faisant appel à l'utilisation de carbone radioactif.
Monsieur Maldague a également été le pionnier de l'utilisation des isotopes radioactifs à la Faculté de foresterie et de géomatique de l'Université Laval, y créant le premier laboratoire de biologie des sols forestiers.
1996 - John A. Cherry, MSRC, et Robert W. Gillham
Les milieux de la recherche universitaire et industrielle ont collaboré à l'étude du problème que pose la contamination des eaux souterraines par les solvants. On estime que l'élimination de ces contaminants coûtera cher, près d'un milliard de dollars rien qu'aux États-Unis, à cause de l'énorme quantité d'eau qu'il faudrait traiter.
John Cherry a substantiellement contribué à l'élaboration et à la mise au point de nouvelles méthodes, notamment des cellules isolées grâce à des systèmes de palplanches étanches (barrière Waterloo), de réalisation d'études sur-place des sites contaminés par des solvants et des possibilités d'assainissement de ceux-ci. Robert Gillham a quant à lui inventé une technique, dont il a également assuré la mise au point initiale, basée sur la réactivité du fer. C'est maintenant celle qui, parmi les plus récentes, est la plus employée pour réduire la contamination par les solvants puisque son coût à long terme est minime alors qu'elle permet d'assainir de grandes quantités d'eau.
La technique élaborée par Monsieur Gillham s'est avérée être un moyen peu coûteux et extrêmement efficace de décomposition in situ des contaminants organochlorés. Ce procédé ne requiert aucune source d'énergie et les matériaux réactifs devraient jouer leur rôle durant plusieurs années au minimum. Il a été retenu pour l'assainissement de l'un des sites du Superfund de la EPA et fait l'objet d'une évaluation pour plus de 125 autres, dont deux installations complètes, l'une en Californie et l'autre en Irlande du Nord.
Les études réalisées sous l'impulsion de Monsieur Cherry sur des cellules isolées au sein d'un plan d'eau grâce à des barrières Waterloo ont permis d'observer, sans danger pour l'environnement et dans des conditions scientifiquement contrôlées, le comportement de subsurface des solvants et autres substances chimiques industrielles dangereuses dans les nappes aquifères. Ce type d'étude, qui a été employé pour de multiples expériences pratiques sur la base militaire de Borden, en Ontario, vient d'être choisi pour des expériences sur le terrain qui doivent être effectuées à grande échelle aux États-Unis. Les chercheurs ne sont plus les seuls à se servir de ce système de barrières à palplanches, puisqu'il est maintenant utilisé dans des décharges municipales et beaucoup d'anciens sites industriels du Canada et des États-Unis pour circonscrire la contamination des eaux.
1995 - Pierre Legendre, MSRC
Pierre Legendre, de l'Université de Montréal, a réalisé deux contributions scientifiques fondamentales à la solution de problèmes environnementaux, soit le développement d'un sous-domaine de l'écologie connu maintenant sous le nom d'Écologie numérique et, plus récemment, l'introduction des structures spatiales comme composantes explicites dans la modélisation des écosystèmes. La gestion environnementale des grands écosystèmes requiert aujourd'hui une vue globale de leurs fonctions principales. C'est dans cette optique, essentiellement multivariable et multicausale, que doit être évalué l'impact des pollutions et des différents usages et abus des écosystèmes par l'homme. L'écologie numérique, créée formellement par les travaux de Pierre Legendre et ses collaborateurs au cours des années soixante-dix et quatre-vingt, est maintenant devenue le cadre de référence méthodologique obligatoire à travers lequel sont jugés les problèmes environnementaux.
Par ailleurs, Monsieur Legendre travaille depuis 1983 à comprendre l'importance de l'organisation spatiale des composantes des écosystèmes pour leur fonctionnement. Il cherche à la décrire de façon quantitative, puis à incorporer explicitement la structure spatiale des populations et peuplements dans les modèles écologiques couramment employés dans la gestion des écosystèmes. Il a mis au point deux méthodes permettant d'intégrer la composante spatiale dans les modélisations causales des populations et des communautés biologiques. La composante spatiale représente à la fois un élément synthétique, intégrant les effets de nombreuses variables environnementales, et une façon d'exprimer quantitativement l'action globale des processus de dynamique des populations. Ces nouvelles méthodes ont déjà été appliquées à l'étude d'un nombre impressionnant d'écosystèmes, au Canada et à l'étranger.
1994 - David W. Schindler, MSRC
David W. Schindler, professeur au Département de zoologie de University of Alberta, est exceptionnellement qualifié pour recevoir la médaille Romanowski, de par ses nombreuses contributions à la limnologie théorique et appliquée et en particulier ses expériences originales du « tout-lac » ("whole-lake") sur l'eutrophisation et l'acidification. Ces recherches ont notamment été cruciales pour la signature des accords entre les États-Unis et le Canada sur l'assainissement des Grands lacs et le contrôle du transport transfrontalier des polluants. Ses articles sont largement cités et les distinctions qu'il a reçues sont nombreuses : prix Frank Rigler de la Société canadienne de limnologie; Outstanding Achievement Award de l'American Institute of Fisheries Research Biologists; médaille Hutchinson de l'American Society of Limnology and Oceanography; médaille Naumann-Thienemann de la Société internationale de limnologie; et Prix de l'eau de Stockholm. Ces distinctions attestent de la place de David Schindler comme scientifique prééminent d'eau douce dans le monde aujourd'hui.