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Médaille Pierre Chauveau

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2011 - Robert Ladouceur

La productivité scientifique de Robert Ladouceur n'a cessé de croître au cours des années. Il a publié plus de 350 articles scientifiques, présenté 400 communications scientifiques et publié 10 volumes dont certains ont été traduits en anglais, espagnol, et italien. Déjà en 1975, il recevait une première subvention du Conseil de recherche médicale du Canada pour étudier une méthode d'intervention visant à éliminer les problèmes phobiques. Depuis ce temps, il a reçu plus de 75 subventions de recherches d'organismes provinciaux, nationaux et internationaux. Son enseignement a porté sur les thérapies comportementales et cognitives. Il a aussi assumé plusieurs cours sur les diverses méthodologies de recherche en psychologie. Clinique. Ses travaux sur les jeux de hasard et d'argent (gambling) sont internationalement connus. A deux reprises, il a présenté ses travaux aux membres de la commission présidentielle américaine qui étudie les impacts du jeu, commission présidée par Bill Clinton. En 1996, il a reçu le Research Award du National Council on Problem Gambling, distinction remise par les américains pour souligner le meilleur chercheur dans le domaine du Jeu. En 2003, il a reçu le prix "Senior Research Award" remis par l'École de Médecine de la prestigieuse Université Harvard, comme le chercheur international qui s'est le plus distingué dans le domaine du Jeu. Monsieur Ladouceur est également un communicateur exceptionnel. Il a présenté des conférences et animé des ateliers de formation dans la plupart des provinces, canadiennes et des états américains. Il a aussi fait des conférences en Europe, en Asie, en Australie et en Nouvelle Zélande.

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2010 - John Peter Oleson, MSRC

L'illustre professeur John Oleson, MSRC, University of Victoria, a publié de nombreux travaux de recherche dans un large éventail de domaines associés avec l'archéologie classique et la technologie ancienne. Il a mené ses travaux de terrain dans les déserts jordaniens, les ports romains et les épaves romaines en eaux profondes.

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2005 - Shana Poplack, MSRC

Professeure émérite et titulaire de la chaire de recherche du Canada au Département de linguistique à l’Université d’Ottawa, Shana Poplack, MSRC, est la plus ardente partisane de la théorie de la variation linguistique au Canada. Sa méthode scientifique impeccable, caractérisée par un imposant corpus de données pertinentes, un esprit analytique rigoureux et une vision claire, conjuguée à la place prépondérante qu’elle accorde à la perspective historique, sociale et géographique, l’a amenée à formuler des positions originales et controversées qui lui ont valu beaucoup d’adeptes. C’est elle qui a énoncé et testé les premières contraintes syntaxiques générales marquant l’alternance des codes dans les communautés bilingues. Grâce à ses études sur le terrain des précurseurs de l’anglais afro-américain du XIXe siècle, elle a fourni les premières preuves scientifiques de l’existence de l’anglais noir, non pas comme du créole, mais comme un dialecte archaïque de l’anglais qui a survécu à l’évolution linguistique de la majorité en raison de l’isolement géographique et social de ceux qui le parlaient. Mme Poplack a également éclairci le lien qui existe entre la variabilité et la fonction linguistique de l’espagnol vernaculaire et du français canadien. Elle a apporté des preuves scientifiques du rôle du bilinguisme collectif et individuel dans la variation linguistique, démystifiant avec succès la thèse voulant que la plupart des « changements » considérés comme des corruptions du français canadien aient été imposés au contact des anglophones après leur établissement. Ses études sur le français en usage dans la région d’Ottawa-Hull, l’anglais africain en Nouvelle-Écosse, le français parlé au Québec au XIXe siècle ainsi que dans diverses communautés d’immigrants au Canada la placent en tête de liste des chercheurs qui ont approfondi le plus notre connaissance de la diversité des langues parlées au Canada. Au cours d’une carrière internationale en tant que conférencière principale et professeure invitée très en demande, elle a en outre formé toute une génération de chercheurs, dont bon nombre jouissent à leur tour d’une réputation internationale. Elle a fondé l’un des laboratoires de sociolinguistique les plus réputés dans le monde, dont elle assure le bon fonctionnement depuis plus de 20 ans.

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2003 - Gilles Bibeau, MSRC

Gilles Bibeau, MSRC, spécialiste d'anthropologie médicale ainsi que des pratiques thérapeutiques de l'Afrique et de l'Inde, est engagé dans l'étude de la santé physique et mentale, des croyances et pratiques populaires s'y rapportant, des savoirs et remèdes des praticiens, et des systèmes de santé publique. Selon lui, l'étude en question doit s'effectuer comparativement dans plusieurs sociétés et être transculturelle, en particulier vu que les migrations créolisent les cultures de nos sociétés pluriethniques. Aux fins de cette perspective, il a assuré la création de réseaux internationaux d'échanges entre experts de diverses disciplines, entre des universités de quatre pays d'Amérique latine pour l'étude des déterminants sociaux et de la gestion des soins de santé et l'International Network for Ethnoepidemiology and Community Mental Health, formé d'anthropologues et de psychiatres du Canada, d'Afrique, d'Amérique latine, de l'Inde. Interdisciplinaire, la recherche en santé réunit, sous l'égide de Gilles Bibeau, des équipes d'anthropologues, de médecins, de psychiatres, de spécialistes d'autres sciences humaines, équipe reliées à des organisations comme GIRAME (Groupe interuniversitaire de recherche en anthropologie médicale et en ethnopsychiatrie) et ERASME (Équipe de recherche et d'action en santé mentale et culture), dont les recherches et publications font de Montréal un centre internationalement reconnu de l'étude des soins de santé.

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2001 - Paul-Hubert Poirier, MSRC

Élu membre de la Société royale du Canada en 1990, récipiendaire la même année du Prix André-Laurendeau de l'ACFAS, titulaire, de 1988 à 1990, d'une Bourse Killam, Paul-Hubert Poirier, MSRC, directeur de l'Institut d'études anciennes et professeur en Faculté de théologie et de sciences religieuses à l'Université Laval, est l'un des spécialistes les plus éminents dans le domaine de l'orientalisme chrétien et de la patristique. Après des études à Québec, Strasbourg et Paris, il a consacré ses recherches à la littérature et à l'histoire du christianisme ancien, au judaïsme hellénistique, à la gnose et au manichéisme. Auteur de neuf ouvrages, d'une quarantaine d'articles dans des revues avec comité de lecture, d'autant de contributions à des ouvrages collectifs et de plus de 150 comptes rendus critiques publiés dans diverses revues canadiennes et étrangères, il a dirigé de 1980 à 1998 le projet canadien d'édition des papyri coptes découverts à Nag Hammadi, en Haute-Égypte, en 1945, et il en demeure un des chercheurs principaux. Ses participations régulières à des manifestations scientifiques nationales et internationales, les conférences et communications qu'il y a données ainsi que les fonctions qu'il remplit au sein d'organismes nationaux et internationaux témoignent éloquemment de l'estime et du rayonnement qu'il a acquis au Canada et ailleurs. Il est actuellement président de l'Académie des lettres et des sciences humaines.

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1999 - Michael Millgate, MSRC

Michael Millgate, professeur émérite d'anglais à University of Toronto, est l'un des plus éminents exégètes, critiques et biographes du monde de la littérature anglaise contemporaine. En une trentaine d'années, il a publié plusieurs éditions et ouvrages prégnants sur Thomas Hardy (dont une correspondance en sept volumes) et William Faulkner. Considéré comme une sommité mondiale pour ses écrits sur ces deux auteurs, Millgate est également éminemment respecté pour l'analyse critique qu'il a faite de l'oeuvre de leurs contemporains. Son art de l'édition et de la biographie est considéré comme un modèle du genre. Des extraits de ses publications sont régulièrement cités dans des compilations et, pendant toute sa carrière, il n'a cessé de bénéficier d'importantes subventions et bourses de recherche.

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1997 - Jacques Henripin, MSRC

Jacques Henripin, Université de Montréal, a accompli une œuvre de pionnier en recherche démographique au Canada. Il est notamment à l’origine de la création du Département de démographie de l’Université de Montréal, où bon nombre des démographes du pays ont été formés. Ses recherches ont principalement porté sur : les différences de mortalité infantile entre classes sociales, la fécondité (qui a probablement été son principal champ de recherche), les perspectives futures de population, l’évolution démographique des groupes ethniques et linguistiques au Canada, le coût des enfants, les politiques de population, le redressement de la natalité, le rôle de l’immigration et l’adaptation au vieillissement. Jacques Henripin a souvent donné cours à son intérêt pour les problèmes de la société et il est plusieurs fois intervenu sur la scène publique dans des débats controversés portant sur les politiques de population.

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1995 - Vaïra Vìkis-Freibergs, MSRC

En tant que psycholinguiste, l'apport de Mme Vìkis-Freibergs dans le domaine des sciences humaines est considérable. Dès 1976, ses analyses comparatives effectuées avec son mari, Imants Freibergs, professeur en informatique à l'Université du Québec à Montréal, ont permis de vérifier l'universalité de certaines positions théoriques. Son évaluation critique de l'application des paramètres stochastiques proposés par Herbert Simon (Vìkis-Freibergs 1972) continue d'être citée jusqu'à ce jour et a suscité des travaux subséquents aux États-Unis, en Espagne, en Tchécoslovaquie, au Vénézuéla, en Pologne et en Lettonie.

Ses travaux récents, qui portent sur la structure de l'image poétique, de la métonymie et de la métaphore, ont été publiés dans des revues savantes en études régionales, en littérature comparée, ainsi que dans des revues internationales prestigieuses. Ils ont donné lieu à trois volumes : le premier fut publié en collaboration avec son mari en 1988, et s'intitule : Saules-Dainas/Chansons du soleil lettones. Les deux autres ont paru en 1989 sous les titres : Dzintara Kalna (Sur la montagne d'ambre) et Linguistics and Poetics of Latvian Folk Songs.

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1993 - Bernard Beugnot, MSRC

Bernard Beugnot, ex-directeur du Département d'études françaises de l'Université de Montréal, boursier Killam, est un éminent spécialiste du XVIIe siècle français. Ses travaux sur Guez de Balzac lui assurent, dès 1967, une reconnaissance internationale. Il a renouvelé les études sur le dialogue, l'entretien, le lettre, sur des phénomènes comme la retraite et la curiosité. C'est aussi un spécialiste du théâtre d'Anouilh, de la poétique de Ponge, de l'oeuvre d'Hubert Aquin. Attentif aux textes (édition, génétique, rhétorique, poétique) aussi bien qu'à leur réception, à l'évolution des genres, à l'histoire des idées, des mentalités, de la culture, c'est un humaniste rigoureux et ouvert, classique et moderne.

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1991 - Guy Rocher, MSRC

Le Dr Guy Rocher, de l'Université de Montréal, reçoit cette année la médaille Pierre Chauveau de la Société royale du Canada pour l'influence exceptionnelle qu'il a eue sur le développement des sciences sociales au Québec et pour ses multiples contributions à la théorie et aux applications pratiques de la sociologie. Il est connu à l'échelle internationale comme une autorité sur les méthodes sociologiques de Parsons, comme l'auteur de l'une des meilleures oeuvres générales en sociologie et comme l'un des rares théoriciens de la sociologie du droit. Il n'y a guère d'aspects de l'évolution de la société québécoise qui aient échappé à son attention : la religion, l'État, l'urbanisation, l'industrialisation, les questions linguistiques, la famille et l'éducation ne sont que quelques exemples des sujets qu'il a abordés. Il a participé à la réorganisation du système scolaire du Québec suite au rapport de la commission Parent et a présidé le comité qui a dirigé la création de l'Université du Québec à Montréal. Dans ces responsabilités et dans les nombreuses autres fonctions importantes qu'il a assumées pour le développement culturel et scolaire du Canada et du Québec, il s'est gagné le respect de tous pour la qualité de son oeuvre scientifique et comme chercheur socialement engagé, dont l'intégrité et l'honnêteté sont complétées par un égal talent de conciliateur.

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1989 - John M. Robson, MSRC

Notice en anglais seulement

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1987 - Benoît Lacroix, MSRC

Le père Benoît Lacroix, de l'Université de Montréal, est le gagnant cette année de la médaille Chauveau de la Société royale du Canada. La contribution de Benoît Lacroix aux humanités est des plus remarquables. Médiéviste reconnu internationalement pour ses études savantes sur Orose et l'historien au moyen âge, il a toujours été professeur et chercheur rattaché à l'Institut d'études médiévales de l'Université de Montréal; il a aussi été enseignant à l'étranger. Une de ses grandes préoccupations depuis plus de dix ans a été la culture et la religion populaires en Amérique du Nord. La plupart de ses publications depuis 1950 - quinze livres et de nombreux articles - tentent d'établir, au niveau de la religion traditionelle, les liens plus ou moins avoués qui existent entre le peuple d'ici et ses ancêtres médiévaux. Il en communique les résultats dans des colloques et dans des ouvrages tels que La religion de mon père (1986).

Benoît Lacroix est aussi responsable de l'édition critique des oeuvres de Saint-Denys Garneau (1971) et de celles de Lionel Groulx (1984). Le père Lacroix est membre-fondateur du Centre d'interprétation des nouvelles religions. En collaboration avec la compositrice Anne Lauber, il a rédigé le livret de l'oratorio Jesus Christus, créé à l'église Notre-Dame en 1986 par l’Orchestre métropolitain de Montréal.

Né à Saint-Michel-de-Bellechasse en 1915, le père Lacroix a obtenu son baccalauréat à l'Université Laval (1936), sa licence en théologie (1941) au Collège dominicain ainsi que sa licence et son doctorat en études médiévales (1946 et 1951) à l'Institut pontifical des études médiévales de Toronto. Il est membre de l'Ordre des frères prêcheurs (Dominicains) de Montréal.

Le père Lacroix a longtemps été associé à différents conseils des arts, organismes professionnels et groupes universitaires à titre de membre de jurys, de participant ou de président. En 1981, il recevait le prix Léon-Gérin de la province de Ouébec et était fait officier de l'Ordre du Canada en 1985. Il a publié 16 livres ainsi qu'une centaine de communications et participe à des émissions de radio et de télévision depuis 1977.

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1985 - Erich B. Von Richthofen

Notice en anglais seulement

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1983 - Balachandra Rajan

Notice en anglais seulement

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1981 - George P. Grant, MSRC

Notice en anglais seulement

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1979 - Kathleen Coburn

Notice en anglais seulement

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1976 - Edward Togo Salmon

Notice en anglais seulement

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1974 - Wilfred Cantwell Smith

Notice en anglais seulement

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1972 - Louis-Edmond Hamelin, MSRC

Louis-Edmond Hamelin est un des géographes les plus prolifiques et polyvalents du Canada. Sa bibliographie, méticuleusement dressée, comporte plusieurs centaines de titres et représente des milliers de pages imprimées en français, en anglais, en portugais et même en langue crie. Ses écrits couvrent tous les grands secteurs de la discipline géographique : méthodologie, terminologie, toponymie, chorégraphie, aspects physiques, économiques et humains. On peut dire de Louis-Edmond Hamelin que rien de ce qui est géographique ne lui est indifférent; il est selon sa propre expression un adepte de la « géographie ouverte », c'est-à-dire un géographe qui ne souffre pas de ségrégation scientifique.

Malgré cet éclectisme de l'ensemble de son oeuvre, c'est pourtant dans des domaines nettement spécialisés que sa contribution au progrès de la discipline géographique se manifeste peut-être avec plus de force : d'une part ses études de morphologie glaciaire et surtout périglaciaire qui lui ont valu des reconnaissances significatives sur le plan international et d'autre part ses études de géographie sociale, notamment celle qu'il a consacrée à l'étude des vocations religieuses, et à la géographie démographique et agraire.

Si riche soit-elle, cette bibliographie ne fait toutefois pas apparaître certains aspects importants de son rayonnement.

L'œuvre écrite de L.E. Hamelin ne reflète en effet qu'imparfaitement l'impact que ce géographe dynamique a exercé par son enseignement et son exemple sur une génération d'étudiants, comme animateur de l'Institut de géographie, comme fondateur du Centre d'Études nordiques de l'Université Laval, comme initiateur de recherches, comme professeur invité dans diverses universités, comme chargé de missions au Canada et à l'étranger. Ses mérites d'éducateur, d'écrivain et d'homme de science ont été reconnus à plusieurs reprises par divers organismes canadiens et étrangers. La Société royale du Canada, à son tour, est heureuse de reconnaître officiellement la valeur de sa contribution aux humanités en lui attribuant la médaille Pierre Chauveau 1972.

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1970 - Northrop Frye

Northrop Frye n'a guère besoin d'être présenté à l'auditore qui est réuni ici ce soir. C’est plutôt cet auditoire qu'il faudrait lui présenter.

Me soumettant à la tradition, je puis vous dire, sans me tromper, qu'il est né à Sherbrooke, dans les Cantons de l'Est du Québec. Mais il était encore jeune quand il partit pour Toronto où il habite depuis ce temps. Diplômé de Victoria College et d'Emmanuel College, il alla se perfectionner au College Merton d'Oxford. La théologie aussi bien que la littérature l'a toujours intéressé.

Professeur de littérature anglaise depuis trente ans à l'Université de Toronto, directeur de département d'anglais, Northrop Frye fut même pendant plusieurs années recteur de Victoria University, son Alma Mater à Toronto. Il est Master of Arts d'Oxford, docteur en théologie et au delà de quinze universités canadiennes et américaines lui ont décerné des doctorates d'honneur en droit, en lettres, en littérature. Il a été Visiting professor à Harvard, à Princeton, à Columbia, à l'Université d'Indiana, à celle de la Colombie-Britannique et à Cornell.

Le professeur Frye est membre de la Société royale du Canada depuis 1952, lauréat de la médaille Lorne Pierce en 1958 et de celle du Conseil des Arts en 1967. Il a été membre du Comité des prix du Gouverneur Général dont il était le président en 1962; il est membre aussi du Bureau aviseur de la Commission canadienne de Radio et de Télévision.

La renommée du professeur Frye est surtout due, si j'accepte le témoignage unanime de ceux qui le connaissent, à la qualité de ses publications, qu'il s'agisse d'articles ou de livres. Il est considéré comme l'un des meilleurs critiques littéraires canadiens anglais. Mentionnons seulement son introduction à la pièce de Shakespeare, The Tempest, à John Milton, à Lord Byron et au grand poète canadien E. J. Pratt. C'est aussi lui qui a écrit la conclusion de la Literary History of Canada dont la traduction vient de paraître aux Presses de l'Université Laval.

Parmi ses ouvrages, il faut signaler : Fearful Symmetry (A Study of William Blake), Anatomy of Criticism, The Well-Tempered Critic, Fables of Identity, The Educated Imagination. La maison Leméac de Montréal publiait l'an dernier une traduction française d'une série de causeries radiophoniques prononcées sous le titre de Le Pouvoir de l'imagination.

Je ne suis pas compétent pour analyser l'œuvre du professeur Frye mais je pense en avoir dit assez pour vous convaincre que la Société royale est à la fois très fière et très honorée de lui remettre ce soir la médaille Chauveau.

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1968 - B. Wilkinson

(Notice bilingue) C'est avec grand plaisir que le comité Chauveau a attribué sa médaille cette année au professeur B. Wilkinson. Dois-je faire l'éloge de celui-ci ? N'est-il pas assez connu de la plupart d'entre vous pour qu'il ne soit pas nécessaire de vous rappeler la qualité de son œuvre. Laissez-moi néanmoins vous en donner ici un aperçu.

Professeur à l'Université de Toronto, M. Wilkinson est un médiéviste de renom. Il est aussi vice-président de la Mediaeval Academy of America. Toute sa vie, il s'est consacré à l'étude du moyen-âge, cette époque que certains ont trop souvent vilipendée au XIXe, siècle, en particulier - ce siècle que Léon Daudet avec sa verve caustique ordinaire a appelé le « stupide XIXe siècle » . M. Wilkinson a étudié en profondeur la littérature, l'histoire et l'évolution constitutionnelle de cette lointaine époque, qui a laissé d’extraordinaires témoignages dans la philosophie, les arts, l'architecture et les lettres d'Occident. Il s'est efforcé d'en reconstituer l'atmosphère en Angleterre, en particulier, dans des livres, des articles, des essais qui ont consacré sa réputation. Comme me le disait avec beaucoup de chaleur le charmant homme qu'est le président Kirkconnell : « Mr. Wilkinson is a world authority in the constitutional history of England in the mediaeval period » . M. Wilkinson, Pierre J. 0. Chauveau aimait les humanités et les humanistes. Il aurait sûrement approuvé notre choix.

Après avoir fait l'éloge du récipiendaire de la médaille, je m'en voudrais de ne pas évoquer le souvenir de celui dont elle rappelle le nom. Pierre J. 0. Chauveau a été un des membres-fondateurs de notre Société et son premier vice-président, à l'époque où le Sénat accueillait sa première réunion à Ottawa. Mais ce n'est pas à cause de cela que fut créée la médaille. Ce n'est pas non plus parce que Chauveau a été pendant presque toute sa vie un homme politique auquel la chance a souri. Il était député à 24 ans, ministre dans l'équipe Hinks-Morin en 1851. En 1867, il formait à Québec le premier cabinet après la Confédération. Il fut aussi président du Sénat, jusqu'au moment où repris par la politique, il vint se faire battre par un des innombrables Tremblay du comté de Charlevoix. Il n'avait pu tenir tête à un candidat plus jeune que lui et qui avait fait sa campagne en invoquant le témoignage de Victor Hugo contre les tyrans. Quelques années plus tôt, Hugo s'était attaqué à celui qu'il appelait le Napoléon le petit, par opposition à l'autre, le grand. Tremblay, lui, citait Hugo à pleines pages d'alexandrins devant ces ruraux ravis de ses envolées, même s'ils n'y comprenaient pas grand-chose.

Si Chauveau a eu une vie politique aventureuse, il a été surtout un homme cultivé. Et c'est cela que la Société a voulu rappeler. Chauveau a beaucoup lu, beaucoup écrit : des vers, des biographies comme celles de François-Xavier Garneau, d'Ozanam et, surtout, des discours où le charme de son esprit se donnait libre cours. Il avait aussi une collection de livres restée fameuse et dont la bibliothèque de l'Assemblée législative a fait l'achat après sa mort survenue en 1890. On y trouve quelques incunables, des auteurs classiques et les œuvres de très nombreux écrivains canadiens. Chauveau les a lus, mais il les a annotés et classés avec amour. On a un catalogue écrit de sa main, que vous aimerez peut-être consulter un jour que vous vous rendrez à Québec : cette ville charmante où l'ancien côtoie le nouveau, où Chauveau habitait une bien jolie maison, datant de 1665, où un hôpital détient sa charte de Louis XIII et ses biens de la duchesse d'Aiguillon et de Louis XIV. Quand Chauveau habitait à Québec, le soir après avoir quitté le parlement, il allait d'un pas lent vers la terrasse Dufferin contempler le spectacle splendide de l'Ile d'Orléans et de la côte de Beauport. Peut-être un jour, irez-vous vous-mêmes. À gauche, derrière la ville se trouve Charlesbourg, petit village où Chauveau est né, il y a un siècle et demi. Et si vous montez plus haut, vous retrouverez à la Citadelle le souvenir de la princesse Louise. Elle y a peint maints paysages du haut du Cap Diamant, quand elle accompagnait le marquis de Lorne, son mari, dans ses voyages en route pour la Caspédia où il allait pêcher la truite et le saumon, après être allé rendre visite aux prêtres du Séminaire ou aux autorités de la ville et de l'Université, ou après avoir reçu quelque grand seigneur d'outremer, comme lord Carnavon qui avait contribué à la constitution du Canada.

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1966 - Louis-Philippe Audet

Licencié ès sciences, docteur en pédagogie, professeur pendant quarante ans à tous les degrés, administrateur et directeur de services au gouvernement du Québec plus de vingt années, secrétaire pendant quatre ans de la Commission d'enquête, désormais fameuse, sur l'enseignement au Québec, auteur de dix ouvrages, de vingt études savantes, collaborateur inlassable pendant trente ans à un quotidien de Québec sur des questions d'histoire naturelle et d'éducation, secrétaire pendant sept ans, et actuellement vice-président de la section des humanités et des sciences sociales de langue française de la Société royale, auteur, notamment, d'une histoire du système d'éducation de la province, dont les exposés en ce qui a trait notamment à la première moitié du siècle dernier, ont été une révélation pour un grand nombre, enfin avec un projet, en voie de réalisation, d'un manuel d'histoire de l'éducation au Québec, Louis-Philippe Audet était tout désigné au choix unanime, cette année, du comité de la médaille Chauveau de la Société royale du Canada.

Ladies and Gentlemen, I have great pleasure in presenting the Chauveau Medal to Dr. B. Wilkinson. By so doing, the Royal Society of Canada wishes to recall the remarkable studies of Mr. Wilkinson on mediaeval literature and constitutions. As I said before, the purpose of the Chauveau Medal is to recognize officially the value and interest of the research work made by the incumbent in the field of humanities

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1965 - Robert Charbonneau

La Section I de la Société royale du Canada recommande que la médaille Chauveau soit décernée à M. Robert Charbonneau. Agé de cinquante-cinq ans, ce Montréalais possède déjà une œuvre considérable : cinq romans et nouvelles dont deux furent couronnés par les prix David et Duvernay, trois volumes d'essais, deux recueils de poésie, trois pièces de théâtre radiophonique : au total, treize ouvrages, sans compter le grand nombre des articles qu'il a publiés dans les journaux de 1934 à 1942, dans La Patrie et Le Canada notamment, puis dans diverses revues, telles que La Relève et La Nouvelle Relève qu'il a fondée avec Paul Beaulieu et maintenue de 1934 à 1948. Tour à tour journaliste, éditeur et fonctionnaire, M. Charbonneau poursuit, chose rare dans notre milieu, une véritable carrière d'écrivain. Ils posséderont la terre, son premier roman, parut en 1941 au moment où i1 venait de fonder avec Claude Hurtubise les éditions de l'Arbre, qui ont rendu de si éminents services à la publication et à la diffusion des livres français durant la seconde guerre mondiale. Aucune Créature, son roman le plus récent, et non sans doute le dernier, vient de paraître en 1961, vingt ans plus tard, alors qu’il dirige le Service des textes à Radio-Canada.

En lui décernant la médaille Chauveau, la Société royale du Canada désire attirer l'attention des gens cultivés sur l'œuvre d’un de nos écrivains qui compte parmi les plus prolifiques et les plus persévérants. Elle désire souligner en outre la principale qualité de la production littéraire de M. Robert Charbonneau, une qualité qu’Auguste Viatte s’est plu à rappeler dans l'histoire des littératures (Encyclopédie de la Pléiade), en disant de cet auteur qu'il met « davantage l’accent sur la psychologie » que le font ses contemporains.

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1964 - Léo-Albert Lévesque

J'ai l'honneur de vous présenter le lauréat de la médaille Chauveau, M. Léo-Albert Lévesque, mieux connu de tous sous le pseudonyme de Rosaire Dion-Lévesque.

C'est la première fois que notre société décerne une de ses médailles à un écrivain franco-américain et, ce faisant, elle souligne sans doute autant la qualité de l’œuvre du lauréat que les liens très étroits qui ont toujours uni Canadiens français et Franco-américains. S’il est un citoyen de la grande république du sud, Rosaire Dion-Lévesque a néanmoins toujours été considéré comme un poète canadien en exil et il a sa place dans les histoires de la littérature canadienne comme ses meilleurs poèmes se retrouvent dans la plupart de nos anthologies. S'il est né à Nashua où il vit toujours, le poète que nous couronnons aujourd'hui est né de parents canadiens, il a étudié au Séminaire Saint-Charles Borromée de Sherbrooke, il a collaboré régulièrement à plusieurs revues de Québec et il a publié la plupart de ses livres à Montréal. Nous n'avons donc pas eu grand effort à faire pour annexer son œuvre et la tenir pour nôtre.

Rosaire Dion-Lévesque a derrière lui une longue et brillante carrière de journaliste et il est aussi l’auteur d’un monumental répertoire des biographies, ses Silhouettes franco-américaines (1957) qui sont un précieux ouvrage de consultation. C'est surtout le poète que notre société a voulu honorer toutefois, l'auteur de sept recueils de poèmes dont Les Oasis (1930) qui lui ont valu le Prix d’Action intellectuelle de 1931, l’auteur aussi d'une remarquable traduction de poèmes de Walt Whitman. L'auteur de Vita (1939) et de Solitudes (1949) a déjà reçu aussi la médaille de la Société historique franco-américaine, ainsi que le prix Capdeville de l'Académie française (1957). Aujourd'hui, la Société royale du Canada est aussi heureuse que fière de reconnaître officiellement et publiquement la valeur d'une œuvre poétique qui est communément tenue pour la plus importante qui ait encore été produite par un écrivain franco-américain. J'ai donc l'honneur et le plaisir de vous présenter, monsieur le Président, le plus grand poète franco-américain, M. Léo-Albert Lévesque, et de vous prier de bien vouloir lui remettre la médaille Chauveau de la Société royale du Canada.

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1963 - Arthur Maheux

Mgr Arthur Maheux a toujours aimé faire la synthèse du présent et du passé et je crois qu'il est fier, ce soir, que son nom soit lié à celui de P.J.-O. Chauveau. Les deux hommes ont fait leurs études secondaires dans cette vieille maison, le Séminaire de Québec, qui, pendant longtemps, a été le centre intellectuel de la ville et d'où est sortie l'Université qui nous accueille cette année et ils ont eu de la réalité canadienne une vision analogue.

Après être devenu prêtre et après avoir obtenu un doctorat en théologie, le jeune abbé Maheux s'est rendu en France pour y compléter ses études en histoire et en philologie. Puis il a été, pendant plus d'un demi-siècle, un de ces messieurs du Séminaire que, lui, il connaît non seulement dans le présent mais dans le passé. Il y a une quarantaine d'années, il a été un des premiers à établir des normes d'études plus rigoureuses qui épouvantaient les jeunes étudiants que nous étions mais qui ont élevé le niveau des collèges secondaires et, plus tard, comme secrétaire de l'Université Laval, il a apporté à la vieille institution traditionnelle les premiers éléments d'organisation moderne. Il a dirigé l'Institut d'histoire et de géographie de l'Université Laval et il a été de son Alma Mater un archiviste passionné et méticuleux. Nous ne pouvons ici énumérer toutes les fonctions qu'il a remplies et tous les honneurs qu'il a reçus : les pages des Who's Who en sont couvertes.

Nous nous rappelons cependant qu’il entra à la Société royale en 1941, qu'il fut président de la Section I en 1951-52, et qu'en 1959 il reçut la médaille Tyrrell. À cette occasion, notre collègue Maurice Lebel disait que « Mgr Maheux mourrait s'il ne pouvait écrire ou dicter à son secrétaire. »

Mgr Maheux a vécu et derrière lui, il a une œuvre abondante qui se continue encore et dont il convient de se rappeler qu'elle souleva parfois des polémiques acerbes. En 1941, c'est Ton histoire est une épopée, nos débuts sous le régime anglais; en 1943, Pourquoi sommes-nous divisés? Les problèmes que Mgr Maheux posait avec franchise il y a vingt-cinq ans renaissent aujourd'hui et quelques-uns veulent y apporter des solutions auxquelles ne croit pas l'homme qui a été l'âme de l'Alliance canadienne et de la société des visites interprovinciales. Mais ses adversaires car je ne dis pas ses ennemis - il n'en a pas - admettront cependant que peu de Canadiens de langue française ont fait plus que lui pour faire connaître le Québec dans les autres provinces et que par ailleurs, il s'est toujours efforcé de traduire auprès de ses compatriotes les véritables sentiments d'au moins une élite canadienne-anglaise à laquelle appartiennent la plupart des membres de la Société royale. Mgr Maheux est trop réaliste pour croire en une dualité canadienne parfaite, mais par ailleurs il aime trop le dialogue pour se contenter d'une activité qui consisterait à se replier sur soi-même. Comme Chauveau, il a toujours cru que la curiosité, la culture et le travail étaient encore la meilleure façon de s'affirmer dans tous les domaines et la Société royale est heureuse de reconnaître ses mérites en lui attribuant ce soir la médaille qui porte le nom du premier ministre du Québec.

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1962 - Maurice Lebel, MSRC

Pierre Chauveau fut d'abord et avant tout un éducateur. Il n'est donc pas étonnant que la Médaille qui porte son nom soit destinée à consacrer aux yeux du public, le travail d’un écrivain qui a consacré sa vie à la tâche difficile de l’éducation de ses compatriotes.

Le Lauréat de cette année, Monsieur Maurice Lebel, mérite plus que personne cette consécration officielle--car on peut diviser l'histoire de sa vie jusqu’à maintenant en deux secteurs dont le premier, qui comprend les trente premières années de sa vie, fut consacré à l'acquisition de la technique de l'éducation, et le second, qui s'étend sur une période de vingt-trois ans, n'a été qu’une constante application de cet art pour le plus grand bien culturel de ses étudiants et de ses lecteurs.

Les dix années qui suivirent l'obtention de son Baccalauréat ès Arts en 1928, Maurice Lebel les a utilisées pour approfondir ses connaissances littéraires et sa compétence pédagogique en multipliant ses recherches et en diversifiant ses centres de culture. En 1930, son travail et son grade de Maîtrise furent couronnés par Laval avec un Diplôme supérieur. En 1931, son Diplôme supérieur en langues et en littératures lui fut décerné par la Sorbonne. C'est en Angleterre, à Londres, qu'il alla chercher son Ph.D. en éducation, le recevant en 1938 (c'est de 1'Angleterre aussi qu'il ravit son épouse en 1938).

Avec une telle préparation, Maurice Lebel pouvait difficilement demeurer un illustre inconnu. Aussi voit-on l’Université Laval lui confier successivement les postes de Secrétaire de la Faculté de lettres et Professeur de littérature grecque, poste qu’il quitte en 1957 pour devenir Doyen de la même Faculté.

Son œuvre écrite comprend douze volumes, tous consacrés aux problèmes de l'enseignement en général, à celui de la langue et de la littérature grecque en particulier, et à la défense de l'humanisme au vingtième siècle.

Son action culturelle s’exerça très efficacement par le dynamisme qu'il manifesta comme président ou membre de diverses sociétés culturelles, telles que Le Conseil des humanités, L'Association des études classiques du Canada, et The Classical Association of America.

En dépit de son effacement constant au profit des institutions pour qui il s'est toujours dévoué, on a plusieurs fois reconnu ses mérites et son efficacité. Il fut Lauréat du Prix David en 1942, Lauréat du Prix Théodore en 1948 (France), Membre de la Société royale du Canada en 1947, et Docteur ès lettres d'Athènes (Grèce) en 1957.

La médaille Chauveau que la Société royale lui décerne ce soir n'est qu'un fleuron de plus à la couronne des honneurs qu'on lui a décernée, et nous sommes heureux de reconnaître, une fois de plus, sa compétence et son dévouement inlassable à la cause de l'éducation.

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1961 - Gérard Malchelosse

J'ai l'honneur de vous présenter M. Gérard Malchelosse, le récipiendaire de la médaille Chauveau pour l’année 1961. Né à Montréal en 1896, M. Malchelosse a été tour à tour journaliste, comptable, directeur technique de la bibliothèque de Saint-Sulpice, puis libraire. Éditeur de nombreux ouvrages et animateur dynamique, il a puissamment contribué au développement littéraire et historique chez nous durant le dernier demi-siècle. Diplomé de l'école du Plateau, il travailla également à La Presse, au Canada, au Passe-Temps et il fonda, en 1916, avec Casimir Hébert, Le Pays Laurentien qu'il dirigea trois ans.

Intéressé à toutes les questions nationales, et historiques, membre de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, des Écrivains canadiens, de la Société Historique de Montréal, de la Canadian Historical Association, de la Société canadienne de l’Histoire de l'Église catholique, membre correspondant du Musée du Nouveau-Brunswick, membre-fondateur de la Société des Dix, ancien président de l’Amicale Champlain, de la Bibliographical Society of Canada après en avoir été dix ans le secrétaire français, fellow de l’American Society of Genealogists, M. Malchelosse est l’auteur de nombreux ouvrages, entre autres Benjamin Sulte et son œuvre, Cinquante-six ans de vie littéraire, Michel Bibaud, François-Marie Perrot, Les Forts du Richelieu, Le Fort de Chambly, Le Régiment de Carignan, Pseudonymes canadiens, Le Poste de la Rivière Saint-Joseph au Michigan, Jacques Cartier va à Hochelaga, et de multiples généalogies.

L'œuvre capitale de M. Malchelosse est, sans doute, la publication de vingt-trois volumes d'écrits divers et épars de son maître Benjamin Sulte, de qui il a hérité d’une bibliothèque qui, dit-on, est l'une des plus riches en histoire canadienne. Il fut également le fondateur et secrétaire du Comité de révision du Dictionnaire Tanguay.

Son goût de l'histoire lui vient de Benjamin Sulte. Féru de généalogie et de bibliographie, il a jeté des clartés sur les sujets suivants : faux sauniers, filles du roi, prisonniers et fils de famille, coureurs de bois, milice et troupes de la Marine, les régiments de Carignan, Meuron, Watteville, les Juifs dans l'histoire canadienne, la Seigneurie Saint-Paul du Labrador, les procès de sauvagesses sous le régime français, la bibliothèque acadienne, l'histoire des vins au Canada, et de bien d'autres points de la grande et de la petite histoire.

La centaine d'index qu'il a dressés pour divers ouvrages pour les Mélanges historiques de Sulte, les Cahiers des Dix, la Revue d'Histoire de l'Amérique française et autres publications constituent un apport considérable à l'histoire. Mais c'est particulièrement à cause du rôle irremplaçable que M. Malchelosse a joué dans la Société des Dix dont il fut l'un des fondateurs et dont il est le secrétaire depuis vingt-cinq ans que les membres de la Section française de la Société Royale du Canada ont voulu reconnaître pour ce travail discret mais tenace en lui décernant l'honneur qui lui échoit ce soir. Messieurs, M. Gérard Malchelosse, récipiendaire de la médaille Chauveau pour 1961.

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1960 - F. C. A. Jeanneret

(Notice bilingue) La médaille Pierre Chauveau rappelle la mémoire d'un homme qui, s'il fut l'auteur d'un roman, a surtout consacré sa vie à la cause de l'éducation dans la province de Québec. Une des caractéristiques du système québécois d'instruction publique est l'harmonie qui règne entre le secteur français majoritaire et le secteur anglais minoritaire. En choisissant cette année M. François-Charles-Archille Jeanneret comme récipiendaire de cette médaille, la Section I de la Société royale du Canada désire rendre hommage à un grand Canadien qui, depuis plus de cinquante ans, s'est voué à la carrière de l'enseignement supérieur de la littérature française dans une université canadienne de langue anglaise et dont les initiatives fécondes ont contribué au rapprochement des esprits et des cœurs de ses compatriotes en leur révélant les trésors des deux cultures transplantées au Canada.

Son œuvre écrite est abondante : dix-neuf ouvrages consacrés à la pédagogie du français depuis les manuels élémentaires jusqu'à l'édition de textes classiques et modernes. Tous les élèves des écoles de l'Ontario, sa province natale, presque tous les étudiants des universités canadiennes sont familiers avec ces ouvrages qu'animent une pédagogie vivante, un goût sûr et une dévotion éclairée à la langue que parlait son père venu de la Chaux-de-Fonds, en Suisse romande. Cette seule partie de son œuvre mériterait déjà l'hommage que nous voulons rendre à M. Jeanneret en lui décernant cette médaille. Mais celui qui, après avoir été professeur à University College de l'Université de Toronto, en fut le principal avant de devenir le Chancelier de son université, a encore d'autres titres à notre admiration. Une visite à Québec, en 1908, lorsqu’on célébrait le troisième centenaire de la fondation de la cité de Champlain, lui révéla l'importance du fait français au Canada. S’il fit à Chicago et à la Sorbonne des études supérieures, c'est à l'Université Laval qu'il obtint son doctorat ès lettres et c'est au Couvent de Jésus-Marie à Sillery, près de Québec, qu'il organisa en 1926 les premiers d'une longue série de cours de vacances de langue française à l'intention des professeurs de français des écoles secondaires de l’Ontario. Le succès en fut si grand et les résultats si prometteurs que le Département de l'Instruction publique de la Province de Québec institua, dix ans plus tard, à Toronto, des cours de langue anglaise pour les instituteurs de langue française. Le courant d'opinion que lança M. Jeanneret est à l'origine de nombreuses autres initiatives du même genre qui ont pour but de faire se mieux comprendre ceux qui auront sur les enfants dont on leur confie l'instruction une influence irremplaçable.

La persévérance et le courage n’ont pas manqué à M. Jeanneret pour accomplir l'œuvre gigantesque dont nous voyons aujourd'hui les heureux résultats. S’il a réussi, l'an dernier, à réunir des professeurs ontariens et québécois dans un colloque bilingue tenu à Toronto pour étudier le Canada français, il pouvait sans doute se rappeler les conditions bien différentes qui prévalaient, en 1912, lorsqu’il commençait à enseigner le français. Quel chemin parcouru en moins de cinquante ans! Il y a loin du Règlement 17, qu'on promulguait alors, aux expériences qu'on a commencé de tenter, à l'instigation de M. Jeanneret, dans quelques écoles ontariennes pour l'enseignement du français à de tous jeunes élèves ontariens.

We are not alone, we whose mother tongue is French, in owing a debt of gratitude to Principal Jeanneret. His persuasive and undaunted activity, the example of his scholarship, the efficiency of his pedagogy in teaching oral French have greatly contributed to promote mutual understanding between English-speaking and French-speaking Canadians. His long and distinguished career entirely devoted to the teaching of French langage and literature, and to the mutual appreciation of French and English Canadians has earned for him not only the esteem and the respect of his students and colleagues but also the greatest recognition of his efforts that a university professor can ever envisage, the chancellorship of his university. It is highly significant that this university would be that of Toronto. It is also of good omen that the presentation of the Chauveau Medal to an outstanding exponent of true Canadianism should be made when the Royal Society of Canada meets to discuss the task of Canadian universities. May we, at this time, quote Chancelor Jeanneret’s own words which fit so well with this occasion: “the study of another language opens up a whole new world, and new horizons replace narrowness of the soul; respect is substituted for prejudice, sympathetic understanding for suspicion and distrust... Surely the time has now come when every canadian worthy of such a title should be able to speak both these languages.

We are sorry that, not having fully recovered from a recent illness Chancellor Jenneret has been unable to come and receive this award himself. We shall remit it to his son, Mr. Marsh Jeanneret, together with our wishes for the prompt and happy recovery of this father’s health.

Vous devez être fier, monsieur, du témoignage que nous rendons à votre père en lui décernant la médaille Pierre Chauveau. Notre hommage s'adresse à l'éducateur dont la carrière a été brillante et féconde, à l'auteur dont l’œuvre est connue de milliers de Canadiens à qui il a révélé les secrets et les beautés de notre langue, au grand Canadien dont les initiatives heureuses ont incité ses compatriotes à se mieux comprendre afin de s'estimer comme des frères. Dites-lui notre regret de ne pouvoir la lui remettre et portez-lui, en fils aimant, nos vœux de prompt et complet rétablissement. Dites-lui enfin que notre pays espère compter encore longtemps sur son dévouement généreux et éclairé.

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1959 - Harry Bernard

J'ai l'honneur de vous présenter pour la Médaille Pierre Chauveau M.

Harry Bernard, docteur ès lettres, romancier et journaliste, directeur du Courrier de Saint-Hyacinthe. Né à Londres en 1898, il fit ses études secondaires au Séminaire de Saint-Hyacinthe et ses études universitaires aux universités de Montréal et de Harvard. La première guerre mondiale terminée, il fut, de 1919 à 1923, rédacteur et correspondant parlementaire du Droit à Ottawa. Et depuis 1923 il est le directeur du Courrier de Saint-Hyacinthe. Il fut en 1939-40 président de l'Association des Hebdomadaires de langue française du Canada. En 1943, l'année même où il était élu membre de la Société Royale du Canada, la Foundation Rockefeller lui accorda une bourse de recherches aux États-Unis.

Le Dr Harry Bernard a obtenu à trois reprises le Prix David (1924, 1925, 1931), et s'est vu décerner six fois le Prix d'Action intellectuelle pour ses ouvrages; en 1951 il décrocha le Prix des Lecteurs offert par le Cercle du Livre de France. Son œuvre d’imagination comprend huit romans dont voici les titres : L'Homme Tombé (1924), La Terre Vivante (1925), La Maison Vide (1926), La Dame Blanche (1927), La Ferme des Pins (1930), Juana, mon aimée (1931), Dolorès (1932), Les Jours sont longs (1951).

L'auteur aborde tour à tour dans ces romans des problèmes de vie humaine et des problèmes de vie canadienne. Ce qu'il décrit le mieux et avec le plus de réalisme, ce sont les mœurs et les travaux des paysans. Il voit, il sait voir et il fait voir.

M. Bernard n'a pas écrit que des romans; il a publié aussi en 1929 un recueil fort pénétrant d'Essais critiques et en 1949 un ouvrage remarquable d'histoire et de critique littéraire intitulé : Le Roman régionaliste aux États-Unis. Aucun professeur, ancien critique littéraire au Canada français ne connaît mieux la littérature américaine que M. Harry Bernard. Il a aussi écrit en collaboration deux ouvrages : Ville, ô ma ville (1942) et Portages et routes d'eau en Haute-Mauricie (1953).

Lorsqu'il débuta dans le roman en 1924, il se révéla un fin observateur de la nature canadienne. Il fut même à cet égard, je dirais, comme un précurseur, montrant ainsi la voie aux écrivains d'imagination. Non content d'aimer la nature canadienne et de la faire aimer à ses lecteurs, il publia en 1946, en deux volumes, un guide fort précieux pour le jeune naturaliste canadien.

En juin 1919, il y a quarante ans ce mois-ci, Harry Bernard écrivait son premier article de fond en qualité de rédacteur. Il n'a jamais cessé d'écrire son éditorial depuis lors. L'écriture a toujours été et reste encore pour lui une colonne vertébrale.

C'est dans ces sentiments de haute estime et de vive admiration que je présente le Dr Harry Bernard pour la Médaille Pierre Chauveau.

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1957 - Claude Melançon

À cause de l’amitié que ses confrères lui portent et de l'admiration qu’ils ont pour son œuvre, c’est une joie de qualité et un grand honneur que de vous présenter le titulaire de la Médaille Chauveau 1957, M. Claude Melançon, membre de la Societé royale depuis 1943 et dont il fut président de la Section française.

M. Melançon a été tour à tour censeur conjoint de la Presse et directeur associé du Service de l’information en temps de guerre, directeur adjoint du Service des Relations extérieures des Chemins de fer nationaux. Comme tel il a rendu d'éminents services à son pays. Mais ce qui nous intéresse tout particulièrement, c’est son violon d'Ingres, ses études d'histoire naturelle au Canada.

C'est ainsi qu’il nous a promenés Par terre et par eau afin de faire connaître Nos animaux chez eux et les Poissons de nos eaux. Et puis, s’élevant plus haut, il nous a présenté nos amis de la gent ailée, nos Charmants voisins!

Grâce à ce vulgarisateur de grande classe qui sait transmettre ses vastes connaissances aux grands et aux petits, nous savons maintenant tout ce qu'il est nécessaire de connaître sur nos frères des bois, de l'onde et des airs. Et dans Inconnus et méconnus nous avons été mis au courant des moeurs des amphibiens et des reptiles du Québec.

M. Claude Melançon est non seulement un savant, mais il écrit dans un style châtié et dans une langue claire et bien à la portée des plus humbles de nos compatriotes.

La France a reconnu ses mérites en le nommant Officier d'Académie en 1930 et la province de Québec lui accorda le Prix David en 1934. La Médaille Chauveau créée par la Section française de notre société est décernée, chaque année, à un écrivain afin de le récompenser pour l'ensemble de son œuvre. M. Melançon nous présente une production utile, bienfaisante et qui honorerait l'histoire naturelle de tous les pays civilisés. Cet homme renseigné en se penchant sur la nature canadienne a su tirer les plus belles leçons. Son action de chercheur ouvre des horizons illimités à ceux qui, demain, voudront approfondir encore les études et les recherches dans ce domaine.

Il a été un excellent travailleur, un grand réalisateur et c'est avec infiniment de plaisir M. le Président que j'ai l'honneur de vous présenter "in absentia" M. Claude Melançon, titulaire de la Médaille Chauveau 1957.

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1956 - Victor Morin

J'ai l'honneur de présenter, pour la Médaille Pierre-Chauveau, M. Victor Morin, membre de la Société royale du Canada depuis 1916, président de la Section des Humanités et des Sciences sociales en 1919-1920 et président général de la Société royale du Canada en 1938-1939. M. Victor Morin est membre fondateur de la Société des Dix. Il fut, de 1921 à 1925, président de la Section française de l’Association des Auteurs canadiens, puis directeur de l'Alliance Française durant quarante ans.

Travailleur infatigable, il a publié nombre de livres et brochures traitant les sujets les plus variés, tantôt graves et tantôt légers. Il s'est particulièrement intéressé aux recherches historiques, et sa plume féconde a transmis fidèlement au public le fruit de ce travail persévérant. Un grand nombre de revues importantes ont été heureuses de le compter parmi leurs collaborateurs. Écrire ne suffit pas à M. Morin. C'est avec une grande générosité qu'il met son talent d'organisateur et son expérience toujours croissante au service des organisations littéraires, historiques, artistiques, sociales et nationales.

Ces activités d'ordre intellectuel ne l’ont pas empêché de jouer un rôle de premier plan au sein de sa profession: le notariat.

Il fut longtemps professeur à la faculté de Droit de l’Université de Montréal et apporta une participation active au travail de plusieurs commissions juridiques chargées de tâches difficiles. Président de la Société St-Jean-Baptiste de Montréal durant neuf ans, il fut l'inspirateur et le réalisateur de nombreuses oeuvres et entreprises d'un caractère national.

Bref, M. Victor Morin est une preuve bien vivante de ce que le travail ne fait pas mourir, puisque, né en 1865, à St-Hyacinthe, il s’achemine allégrement vers l'étape du centenaire, en continuant de travailler au service de la société canadienne, dont il fut toujours un serviteur dévoué, utile et sympathique.

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1955 - Jean-Marie Gauvreau

La Société royale attribue, cette année, sa Médaille Pierre Chauveau à un écrivain scientifique, spécialisé dans les arts appliqués, M. Jean-Marie Gauvreau, à qui l'on doit d'avoir fait renaître l'artisanat et la petite industrie, au pays de Québec, et de leur avoir donné une orientation nouvelle en adaptant l'un et l'autre au goût et à notre mode de vie modernes.

Diplômé de l'École Technique de Montréal, de la Faculté des lettres de l'Université de Montréal, ainsi que de l'École Boulle de Paris, le premier étranger à recevoir cette distinction, M. Gauvreau, à son retour d'Europe, obtint du gouvernement du Québec la fondation de l'École du Meuble, une école d'arts appliqués, la seule du genre en Amérique, qu'il dirige depuis vingt ans. Il a également fondé, en 1945, sous l'égide du ministère du commerce et de l’industrie, l'Office provincial de l’Artisanat et de la Petite Industrie dont il est le président.

Docteur en sciences sociales, économiques et politiques de l'Université de Montréal, membre de la Société royale depuis 1942, M. Gauvreau fait de l'enseignement non seulement à son École du Meuble mais aussi à l'Université de Montréal où il est professeur agrégé, à l'Université Laval (histoire des arts décoratifs), à l'École Supérieure de pédagogie familiale d'Outremont et à diverses écoles de sciences domestiques du Québec.

L'œuvre écrite de M. Jean-Marie Gauvreau est déjà considérable et c'est pour l'ensemble de ses travaux, trois ouvrages et une multitude d'essais sur l'artisanat, l'histoire et la critique d’art, les arts appliqués, l'ébénisterie et la technologie du bois, que la Société royale lui décerne la Médaille Pierre Chauvreau.

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1954 - Gérard Morisset

Par sa contribution, aussi précieuse qu'abondante, à la connaissance, à la conservation et à la restauration des trésors artistiques du Québec. M. Gérard Morisset a rendu et rend encore à sa province et à son pays, d’inappréciables services. On lui doit d'avoir fait, le premier, non seulement l'inventaire des œuvres d'art du Canada français, mais aussi d'avoir écrit, le premier, l'histoire de son architecture, de sa peinture, de sa sculpture et de ses arts mineurs et, tout cela, dans une langue admirable.

Né à Cap-Santé en 1898, Monsieur Morisset fit ses études classiques à Lévis et légales, à l'Université Laval de Québec. Diplômé de l'École du Louvre après soutenance d'une thèse sur la peinture au Canada français, directeur de l’Inventaire des Œuvres d'Art de la Province de Québec, secrétaire de la Commission des Monuments historiques, président de la Société historique de Québec, conservateur du Musée de la province, élu à la Société royale en 1943, M. Gérard Morisset a publié quinze ouvrages et fut deux fois lauréat des Concours littéraires de la province de Québec.

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1953 - B. K. Sandwell

La médaille Chauveau décernée chaque année par la section française de la Société royale du Canada est un témoignage d’appréciation pour l’ensemble de l’œuvre d’un écrivain canadien. En l’attribuant cette année à M. B. K. Sandwell, la section I a voulu reconnaître non seulement un mérite littéraire certain, mais aussi une importante contribution à l’unité nationale.

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1952 - Pierre Daviault

On me demande, à la dernière minute, de vous présenter le premier titulaire de la Médaille Pierre-Chauveau, offerte par la Section I de la Société royale, en souvenir d'un ancien premier ministre de la province de Québec, qui fut surintendant de l'instruction publique et servit honorablement les lettres canadiennes. Cette médaille, dans l'esprit de ceux qui l'ont instituée, a pour objet de reconnaître les mérites et la qualité de l'œuvre littéraire d'un écrivain de langue française ou de langue anglaise. Une décoration, paraît-il, ne fait très plaisir que si on ne la mérite pas tout à fait. Un bonheur n'est parfait que si on l'a un peu volé. Je ne me risquerai pas à affirmer que ces propos humoristiques peuvent être repris dans leur entier par M. Pierre Daviault. Si la Section à laquelle il appartient avec honneur l'a choisi entre ses pairs – primus inter pares – c'est qu’elle lui a reconnu des titres sérieux et des mérites incontestables.

M. Daviault est né en 1899, à Saint-Jérôme. Il a fait ses études supérieures à l'Université de Montréal et, tout naturellement, il a tenu à les compléter dans les cadres mêmes de l’Université de Paris. Un jour, il n'a pu résister à l'attrait de la capitale fédérale et il est entré au service de l'État, comme traducteur. D'échelon en échelon, par la compétence et le travail persévérant, il s'est élevé jusqu'au poste de directeur des service de la traduction à la Chambre des Communes. Mais le fonctionnarisme ne pouvait prendre M. Daviault tout entier et le fonctionnaire n’a heureusement pas tué en lui l’homme de lettres.

C'est en 1926 que M. Daviault faisait paraître, sous un pseudonyme, son premier ouvrage : Le Mystère des Mille-Iles. Délaissant presque aussitôt les écrits d’imagination, M. Daviault publia coup sur coup La Grande Aventure de LeMoyne d’Iberville, Le Baron de Saint-Castin, Contes populaires du Canada français et Artistes, aventuriers, grands hommes. Ces livres contribuèrent à répandre son nom dans notre monde des lettres, mais c’est peut-être par des ouvrages techniques que M. Daviault a rendu à ses compatriotes les plus grands services.

L’Expression juste en traduction, Questions de langage et Dictionnaire militaire anglais-français lui on valu rapidement la réputation d'un spécialiste averti, soucieux d’assurer partout, plus particulièrement dans l'administration, le respect de la langue française Rien d’étonnant que la Société Royale ait accueilli M. Daviault parmi ses membres. Rien d’étonnant non plus que cet honneur, au lieu de ralentir, comme il arrive souvent, l’activité littéraire de cet « immortel pour la vie », l’ait au contraire accrue. Aussi bien, personne ne fut surpris d’apprendre, il y a deux ans, que M. Pierre Daviault avec l’aide de quelques amis, fondait La Nouvelle Revue Canadienne destinée, dans l’esprit de son premier directeur et de ses fondateurs, à un besoin réel. Quoi qu'on puisse penser des idées ou des tendances de La Nouvelle Revue Canadienne, il est évident que celle-ci est venue à son heure.

Même si elle n'est pas la première à « reconnaître d'une façon pratique que le Canada est un pays à double culture », elle joue son rôle avec élégance, avec autorité, et suffisamment d'esprit combatif pour lui mériter de retenir l’attention de nos esprits les plus sérieux. Écrivain, maître de sa langue, travailleur consciencieux, chef de file qui ne parvient pas toujours à maîtriser les emportements où le pousse la recherche de la perfection, M. Daviault mérite le nouvel honneur que ses confrères de la Section française son unanimes à lui décerner.